Fondation
Folon

L’artiste

Au fond, je ne suis ni peintre, ni dessinateur, ni affichiste, ni écrivain, ni graveur.
Je ne suis ni abstrait, ni figuratif. Je n’appartiens à aucune école.
Mon but n’est pas de figurer dans une histoire de l’art.
Je n’ai rien inventé, puisque je dois tout à tout le monde.
Je ne comprends pas mes images, et chacun est libre de les comprendre comme il veut.
J’ai seulement essayé de fixer mes propres rêves, avec l’espoir que les autres y accrochent les leurs.
Folon

Intro-6 Folon enfant, circa 1942

homme

New Yorker ©Fondation Folon 2015  New Yorker 1973 light

1968

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1963-68-5

Porte manteau ©Fondation Folon 2015

Foule II  - 1979

Folon lunettes ©Fondation Folon 2015

autoportrait (2)

L'étranger,

Un monde - 1984

L’aube © Folon, ADAGP, 1984

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Bio 1988-Bicentenaire-RF

Liberté© Folon, ADAGP, 1988.jpg - light

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Loin

bateau

La mer sculpture © Fondation Folon

Folon Pluie

1980-1

JM Folon  © Folon, ADAGP

écrit

Jean-Michel Folon

Un souvenir d’enfance
Questionnaire Proust
L’abécédaire

Biographie

1934 – 1969

1934 : Jean-Michel Folon naît à Uccle, dans les environs de Bruxelles, le 1er mars. Son père exerce la profession de marchand de papier, une ambiance dans laquelle  Jean-Michel baignera et qu’il  gardera en mémoire : « De grands stocks d’oiseaux blancs… C’est là que j’ai sans doute commencé à dessiner. »

1939-1945 : Durant l’occupation allemande, Folon passe son enfance à Genval dans une maison au bord du lac. Il se promène en famille dans un parc situé dans la commune voisine de La Hulpe, l’un des plus beaux parcs publics classés d’Europe où Folon établira sa fondation en 2000. 

1949 – 1953 : Folon poursuit des études à l’école d’art Saint-Luc, puis, en 1953, il s’inscrit à l’École nationale supérieure des Arts visuels de La Cambre où il découvre le pouvoir de cette maxime de l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe : « Less is more » (Moins donne plus). Cette idée le poursuivra toute sa vie. Les premiers dessins de Folon en noir et blanc sont publiés à cette époque dans les revues  Moustique et à Pan.

1955 : Il abandonne ses études à l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de La Cambre et quitte Bruxelles pour Paris. Il se retrouve dans un pavillon de jardinier à Bougival. Pendant 5 ans, il dessine tous les jours.

1960 : Il montre ses premiers dessins autour de lui. En France, on ne s’y intéresse pas. Il les envoie à New York à différents magazines. Horizon, Esquire et The New Yorker les publient, sans l’avoir rencontré. Il part découvrir les Etats-Unis.

1964 : On présente ses dessins à la librairie Le Palimugre de Jean-Jaques Pauvert, à Paris.

1967 : Fortune et Atlantic Monthly continuent de publier ses dessins aux Etats-Unis. Time publiera 4 couvertures au cours des années suivantes.
Il voyage souvent en Italie, et il rencontre l’écrivain Giorgio Soavi, pour qui il dessine son premier livre Le message. Ils imaginent ensemble plusieurs projets pour la firme Olivetti, pour laquelle il illustrera des livres de Franz Kafka et de Ray Bradbury.

1968 : Il conçoit un mural pour le pavillon de la France à la Triennale de Milan, animé de 500 points lumineux. Il expose 60 œuvres  à la galerie de France à Paris et crée un livre de fin d’année pour le Museum of Modern Art de New York.

1969 : Première exposition à New York, à la Lefebre Gallery.

Les années 70

1970 : Visite le Japon et expose à Tokyo et à Osaka. Il participe à la 35ème Biennale de Venise dans le pavillon de la Belgique. Première exposition en Italie, à la Galleria del Milione à Milan, au mois d’octobre.

1971 : Réalise une importante exposition au Musée des Arts Décoratifs à Paris avec 90 œuvres qui seront présentées ultérieurement au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, au Musée d’Art Moderne de Bruxelles et au Castello Sforezesco de Milan.

1972 : Expose à l’Art club de Chicago.

1973 : Illustre La métamorphose de Kafka. Alice Editions publie un recueil d’aquarelles, La mort d’un arbre, dont il écrit aussi le texte. Max Ernst préface le livre d’une lithographie originale. Il fait partie de la sélection d’artistes belges de la 12 ème Biennale de Sao Paulo, dont le Grand Prix lui est décerné.

1974 : Réalise dix eaux-fortes et aquatintes pour Les Ruines circulaires de Jorge Luis Borges. Expose à Milan, au Studio Marconi. Pour une salle du nouveau métro de Bruxelles, il réalise Magic City, peinture de 165 m2.

1975 : Entreprend une seconde décoration murale, Paysage, pour Olivetti, à la Waterloo Station de Londres. Sa correspondance en images avec Giorgio Soavi fait l’objet d’un livre, Lettres à Giorgio, publié par Alice Editions.

1976 : Expose au Musée Boymans-van-Beuningen à Rotterdam, puis au Deutsches Plakatmuseum, à Essen. Réalise des couvertures en couleurs pour différents magazines, dont Times, qui en publiera 4 au cours des années.

1977 : Expose à l’Institute of Contempory Art à Londres et à Spoleto dans le cadre du 20 ème festival, dont il dessine l’affiche.

1978 : Expose au Musée d’Art Moderne de Liège avec Milton Glaser. Illustre Alcools et Calligrammes, de Guillaume Apollinaire.

1979 : Illustre Chroniques martiennes, de Ray Bradbury et l’œuvre complète de Jacques Prévert en 7 volumes. Exposition d’aquarelles à la galerie Berggruen, à Paris.

Les années 80

1980 : Par une série de 12 aquarelles et collages, il illustre L’Automne à Pékin, de Boris Vian, et par une suite d’eaux-fortes et aquatintes, L’inutile beauté, de Guy de Maupassant.

1981 : A la demande de Michel Soutter, il conçoit les décors de théâtre pour des œuvres de Frank Martin et Giacomo Puccini représentées au grand Théâtre de Genève. Il réalise des images projetées pour L’histoire du soldat, d’Igor Stravinsky, au Théâtre de la vie à Bruxelles.

1982 : Le Musée de la Poste à Paris expose son œuvre gravée et le Musée Ingres de Montauban organise une exposition.

1983 : Il réalise des films en dessins dans son atelier et tourne des courts- métrages à New York, Los Angeles et la Nouvelle Orléans. Improvise une suite en images, Conversation, avec Milton Glaser, publié par Alice Editions.

1984 : Rétrospective de ses affiches à la Défense à Paris. Il réalise les illustrations de l’œuvre poétique de Guillaume Apollinaire et grave une suite d’eaux-fortes et aquatintes pour Pluies de New York d’Albert Camus. Exposition au Musée Picasso d’Antibes.

1985 : Il se rend au Japon pour une rétrospective qui sera présentée à Tokyo, Osaka et Kamakura. Près de la Porte d’Italie à Paris, il réalise une peinture murale de 14 étages de hauteur. Au mois de novembre, présentation de son œuvre au Musée Correr à Venise.

1986 : Il grave l’album Lointains, qui comprend 6 eaux-fortes et aquatintes sur le thème des voyages, pour Blue Shadow, à Paris. Il commence à sculpter des objets en bois.

1987 : Pour la réouverture du Teatro Olimpico construit par Palladio, il dessine l’affiche et offre au Musée de Vicenza une série de 100 affiches. Il se rend en Argentine, à Buenos-Aires. Il y expose avec son ami Milton Glaser au Museo de Bellas Artes. Ils sont invités à l’université où ils parlent à 4000 étudiants. Il visite les chutes d’eau d’Iguaçu aux frontières du Brésil, de l’Argentine et du Paraguay, un lieu magique qu’il dessine. Une autre exposition est présentée par le Musée Botanique de Bruxelles.

1988 : Il grave une suite d’eaux-fortes et aquatintes, A propos de la Création, sur le thème de la Genèse. Il crée le sigle du Bicentenaire de la Révolution Française. Pour Amnesty International, il illustre la Déclaration universelle des droits de l’homme, éditée dans les 6 langues officielles de l’ONU, préfacée par Javier Pérez de Cuéllar. Il continue à créer des objets en bois, commencés en 1986, qu’il transforme et qu’il peint à l’huile.

Les années 90

1990 : Une exposition d’aquarelles et gravures est organisée au Metropolitan Museum of Art de New York, qui présente aussi ses premiers objets transformés. Le Musée Marino Marini de Florence montre ensuite une exposition de ses aquarelles, gravures et affiches. Il réalise de grandes sculptures en bois taillées dans des poutres de récupération. Il commence à imaginer des bateaux avec toutes sortes de matériaux différents.

1991 : Sous le titre Notre Terre, une exposition regroupe une série de gravures et d’affiches qui évoquent la sauvegarde de l’environnement. Elle sera présentée dans de nombreuses petites villes de France. Sur le même thème de la protection de la nature, il commence une collaboration passionnante avec Alberto Meomartini pour la société Snam en Italie. Ils réaliseront ensemble une série de créations qui vont des films animés aux affiches de très grandes dimensions. (par exemple 500m² devant la place Saint-Pierre à Rome). Ces affiches ont couvert les murs des villes d’Italie, pendant plusieurs années. Il sculpte des personnages en terre et en plâtre et réalise les premières pièces en bronze.

1992 : Il continue les objets et les sculptures. Il illustre L’homme invisible de H.G.Wells par une série d’aquarelles, exposées ensuite à la Galleria Nuages, à Milan. Il crée à Chartres les vitraux d’une chapelle située au Mont-Agel, dans le sud de la France.

1993 : Il se consacre surtout aux sculptures qui sont présentées pour la première fois à la Pedrera, édifice construit par Gaudi à Barcelone, exposition organisée par la Caixa de Catalunya.

1994 : Exposition d’aquarelles et de sculptures à la Marisa Del Re Gallery de New York.

1995 : Rétrospective à Shizuoka, au Musée Bunkamura de Tokyo et à Kyoto au Japon. Il illustre une douzaine des Fables de La Fontaine pour Nuages Edizioni à Milan.

1996 : Rétrospective au Musée Olympique de Lausanne. Exposition de 80 aquarelles de sa propre collection au Museo Morandi, à Bologne, à qui il donne ses propres photographies de l’atelier Morandi. Selon la tradition de la ville de Bologne, on brûle une sculpture en tissus de 12 mètres de hauteur, réalisée d’après son projet, la nuit du 31 décembre, sur la Piazza Maggiore.

1997 : Exposition au casino de Knokke-Le-Zoute, en Belgique. Il installe au même endroit une sculpture en bronze devant la mer, que l’eau recouvre à chaque marée, intitulée La mer, ce grand sculpteur. Réalisation des vitraux de l’église du 12 ème siècle de Burcy, un village français auquel il est très attaché pour y avoir vécu longtemps. Création de la sculpture Le Messager, à la mémoire des enfants assassinés, installée à Bruxelles, dans le parc Royal.

1998 : Il crée des œuvres murales de grandes dimensions, à Milan et Rome. Il termine à Pietrasanta, en Italie, plusieurs sculptures en marbre, hautes de 6 mètres. Les vitraux de la chapelle de Pise sont terminés et posés.

1999 : Exposition au Elzenveld, à Anvers. Il peint le drapeau du Palio, à Sienne. Voler, une sculpture en bronze de 3 mètres est installée à l’aéroport de Bruxelles. L’ensemble de ses sculptures est placé sur la Piazza Del Duomo, et dans l’église Sant’Agostino à Pietrasenta, en Italie. Exposition à la Galleria Il Chiostro à Sarono et à la Galleria André à Rome.
La nuit du 31 décembre, à Pietrasanta, on allume 2000 bougies posées sur des mains en terre cuite qu’il a sculptées, à la mémoire des 2000 années passées. Folon a nommé cette soirée « Le temps d’une prière ».

2000 à nos jours

2000 : Exposition d’aquarelles et de sculptures à la galerie Guy Pieters à Saint Paul de Vence. L’artiste crée la Fondation Folon inaugurée le 27 octobre dans le domaine Solvay. Il s’agit de l’un des plus beaux parcs classés d’Europe, situé non loin de Bruxelles, où il a passé son enfance. Désormais, on pourra découvrir dans la Ferme du Château les œuvres qu’il a préservées, « pour les voir réunies un jour en un même lieu ».

2001 : Exposition de sculptures et de peintures à la Galerie Guy Pieters à Sint-Martens-Lathem en Belgique. Une exposition de ses œuvres, comprenant des tapisseries tissées à Aubusson, est présentée au château de Sédières en France. Sa grande sculpture La ville en marche est installée à Bruxelles, rue du Progrès. Dans le parc du Château Saint-Georges, la ville de Lisbonne organise l’exposition de ses grandes sculptures en bronze et en marbre. Il crée une sculpture en bronze à la mémoire du grand poète Fernando Pessoa, installée sur une place de Lisbonne. Une suite de dessins est installée dans la chambre de la maison natale du poète.

2002 : Il commence à créer des céramiques. Exposition de ses récentes aquarelles à la Galerie Guy Pieters à Saint-Paul de Vence. Il crée une montgolfière réalisée en Belgique et baptisée le 9 juin dans le domaine Solvay à La Hulpe, à l’occasion de la « Journée de l’air », organisée par le Ministre de l’Environnement de la Région wallonne.

2003 : Il est nommé ambassadeur de l’Unicef. Le Président de la République française le décore de l’Ordre de la Légion d’Honneur, au Palais de l’Elysée. Il crée les décors et costumes de La Bohème pour le Festival Puccini à Torre del Lago, en Italie. Il présente ses sculptures récentes à la Galerie Guy Pieters de Knokke-Le-Zoute. Il réalise les vitraux de l’Eglise du 11 ème siècle, de Waha (près de Durbuy) en Belgique. Le maire de Saint Paul de Vence lui confie l’ancienne chapelle des Pénitents Blancs, pour laquelle il commence la création de peintures, sculptures et vitraux. Il expose son œuvre au Palazzo Ducale de Lucca, et réalise quatre grandes sculptures en marbre, à Pietrasanta.

2004 : La Fondation Folon s’agrandit. Elle est à nouveau ouverte au mois de mars. Sa métamorphose affirme son évolution. Elle reste un lieu de vie et de créations.

2005 : Une rétrospective de son œuvre Folon Firenze est organisée dans la ville de Florence: plus de 300 œuvres sont exposées à la Salle d’Armes du Palazzo Vecchio et à Forte di Belvedere. Folon Chianti présente des expositions de céramiques dans trois communes du Chianti (Bagno a Ripoli – Greve – Impruneta).

Le 20 octobre 2005, Jean-Michel Folon a rompu les amarres avec cette terre des hommes à laquelle il a tant donné : son regard serein et tendre sur les êtres, le geste pur et clair de sa main pour les animer, les couleurs de sa palette pour les habiller de rêve, sa sympathie pour toutes les grandes causes de ce monde…

Il s’éteint à l’âge de 71 ans.