Tête nl

Si l’homme au chapeau se retrouve très fréquemment dans son œuvre, il arrive souvent à Folon de cadrer et de ne montrer que sa tête. Il ne s’agit pas de portraits, car l’homme de Folon n’a pas de visage, à peine un trait en guise de bouche et deux points à la place des yeux. Toute l’attention se focalise alors sur cette partie du corps et sur ce qu’elle contient… les pensées. Car chez Folon, la tête de l’homme est presque toujours ouverte à l’observation et à l’interprétation, comme s’il la passait aux Rayons X afin que l’on puisse découvrir ce qui se cache sous le chapeau : un oiseau qui s’envole, un homme qui passe, un œil qui observe… Toujours un signe simple qui résume à lui seul une infinité d’idées tout en ouvrant le champ des interprétations. D’autres têtes reviennent fréquemment, sous forme de cylindres ouverts reposant presque toujours sur la main gauche. Contenues dans ces cylindres, les idées de l’homme, comme dans Le monde (1984) où la tête sert de réceptacle au globe terrestre et dont la paroi est constellée d’étoiles. Parfois, les idées vont jusqu’à surgir de la tête, notamment dans l’aquarelle intitulée Les amis (1989), où toute une série de paires de mains multicolores se serrent en s’envolant dans tous les sens et en emportant avec elles un message de paix universelle. On peut bien-sûr voir dans toutes ces têtes, quelle que soit leur forme, une représentation de l’état d’esprit de Folon au moment où il tient son pinceau, comme dans cet Autoportrait (1987) où huit oiseaux volent dans une tête vue de profil, mais la lecture ne peut s’arrêter là. Il s’agit surtout d’une invitation à réfléchir au processus de signification ou d’une passerelle pour inciter à penser, à rêver.